Pour accompagner la fin de vie dans un acte d’amour et de liberté
Il est des combats qui ne s’annoncent pas par des slogans, mais par des silences. Dans la pénombre d’une chambre d’hôpital, entre un souffle qui s’amenuise et un regard chargé d’impuissance, se dessine une réalité intime, souvent difficile à nommer. Dans ce contexte délicat, accompagner la fin de vie devient un enjeu profondément humain, où se mêlent respect, écoute et quête de dignité.
C’est dans cet espace sensible que s’inscrit l’engagement de l’association Le Choix. Citoyens pour une mort choisie. Fondée en 2018, elle porte une conviction forte : permettre à chacun, lorsqu’il est confronté à une maladie grave et incurable, d’exprimer librement sa volonté quant aux conditions de sa fin de vie. Une démarche encadrée, éthique et réfléchie, qui ne relève ni de l’abandon ni du renoncement, mais d’une liberté fondamentale. Parce qu’au cœur de l’épreuve, préserver la dignité, c’est aussi reconnaître à chacun le droit de choisir.
Une présence concrète auprès des personnes et des familles
Chaque semaine, l’association reçoit des témoignages bouleversants de familles confrontées à des situations extrêmes. Des patients s’interrogent : quels sont mes droits aujourd’hui ? Puis-je refuser certains traitements ? Comment rédiger mes directives anticipées ? Que prévoit réellement la loi actuelle ? Les proches cherchent quant à eux à comprendre : comment respecter la volonté d’un être aimé sans se sentir coupable ? Comment dialoguer alors que la peur et la souffrance envahissent tout ?
Dans ces moments suspendus, accompagner la fin de vie prend tout son sens : il s’agit de guider, de rassurer afin de permettre à chacun de faire des choix éclairés.
L’association écoute, informe et éclaire sur les démarches existantes. Elle aide à formuler des directives anticipées, à désigner une personne de confiance et à anticiper les décisions pour éviter qu’elles ne soient prises dans l’urgence ou la confusion. Elle ouvre également un espace de parole apaisé, là où dominent trop souvent la solitude et le désarroi. Mais son action ne s’arrête pas là…
Accompagner celles et ceux qui souhaitent partir en Europe, dans les pays où c’est possible…
De nombreuses personnes choisissent désormais de se rendre en Belgique ou en Suisse, où l’aide à mourir est autorisée. Cette décision est toujours grave mais néanmoins mûrement réfléchie et jamais impulsive. Elle implique en outre des démarches administratives complexes, des évaluations médicales rigoureuses, un accompagnement précis.
Le Choix accompagne les personnes qui envisagent cette démarche, elle :
- Informe sur les procédures légales en vigueur dans les pays concernés.
- Oriente vers les structures reconnues.
- Explique les conditions, les délais, les exigences médicales.
- Aide à préparer les dossiers.
- Soutient moralement les proches qui, souvent, se sentent seuls face à un parcours lourd, émotionnellement et logistiquement parlant.
Cet accompagnement ne signifie jamais décider à la place de la personne, mais d’éviter l’errance, l’improvisation, l’isolement. Il sécurise le choix déjà réfléchi, pour qu’il ne devienne ni clandestin ni précipité.
De plus, seuls ceux qui disposent de ressources suffisantes peuvent entreprendre ce voyage. Cette inégalité blesse la démocratie, c’est pourquoi Le Choix œuvre pour que la liberté reste accessible à tous.
Préparer l’avenir avec rigueur et humanité
L’association ne se contente pas d’agir dans l’urgence ; elle prépare l’avenir avec sérieux.
Sa commission médicale, composée de médecins généralistes, de spécialistes, de psychologues et de soignants engagés, travaille ainsi à l’élaboration d’une formation destinée aux professionnels de santé. Si la loi évolue, l’accompagnement devra être irréprochable, fondé sur des protocoles clairs, des critères stricts et un respect absolu des consciences.
Par ailleurs, l’association a publié un ouvrage structuré en deux guides complémentaires :
- Le premier s’adresse à chacun d’entre nous, afin de réfléchir à sa propre fin de vie : rédiger ses directives anticipées ou bien choisir une personne de confiance par exemple.
- Le second guide s’adresse aux familles, pour les aider à comprendre la demande d’un proche, à dialoguer, à éviter les fractures irréversibles que provoque trop souvent l’absence de préparation.
Ce travail pédagogique est essentiel : il transforme la peur en réflexion, le tabou en conversation, la solitude en partage.
Une loi de solidarité, jamais d’abandon
Le Choix demande de renforcer massivement et de manière équitable les soins palliatifs sur tout le territoire, afin que chacun bénéficie d’accompagnement, de soulagement et de présence. Mais l’association affirme également qu’il existe des situations où, malgré les soins, la souffrance demeure réfractaire ou insupportable aux yeux de la personne concernée, et que dans ces cas exceptionnels, la liberté devrait pouvoir s’exercer dans un cadre strictement encadré.
Accompagner un être aimé dans une décision mûrement réfléchie n’est pas un abandon. C’est parfois l’expression la plus exigeante d’humanité.
Un moment décisif pour notre société
Le débat parlementaire progresse lentement entre les différentes navettes parlementaires où les équilibres se cherchent et les sensibilités s’expriment. Une première lecture à l’Assemblée nationale en mai 2025 a ouvert une voie vers un droit à l’aide à mourir sous conditions strictes. La deuxième lecture du 16 au 24 février dernier n’a encore rien confirmé. Les discussions se poursuivent pour une deuxième lecture au Sénat puis un retour à l’Assemblée nationale pour un vote définitif espéré en juin 2026.
Pendant ce temps, des patients attendent, des familles espèrent et des soignants s’interrogent… La question qui nous est posée collectivement, à la fois simple et vertigineuse : voulons-nous que certaines fins de vie soient subies, lorsque la personne, lucide et informée, demande un autre chemin ?
Comment soutenir cette espérance ?
Soutenir Le Choix. Citoyens pour une mort choisie, ce n’est pas militer pour la mort, mais défendre la liberté de conscience, l’égalité entre citoyens, la protection des plus vulnérables et l’encadrement rigoureux d’un choix exceptionnel.
- Adhérer, c’est renforcer une voix citoyenne dans le débat national.
- Contribuer, c’est permettre l’accompagnement concret des familles et des patients.
- Relayer les informations et les guides, c’est ouvrir un dialogue apaisé autour d’un sujet souvent redouté.
Par des Dons : chaque soutien compte. Nous sommes à l’aube d’une décision historique, une page reste à écrire. Celle-ci dira si notre société est capable de conjuguer liberté, responsabilité et compassion jusqu’au dernier instant. Soutenir Le Choix, c’est croire qu’aimer, parfois, c’est aussi respecter la volonté de l’autre, et choisir l’humanité
Aline Grimbert en charge des dons donations : 07 78 38 20 97

